Jason Martin
L'encre de chine m'accompagne quotidiennement dans ma démarche artistique : j'adore sa sensualité, son odeur et sa flexibilité d'usage. Seulement avec le noir de l'encre et le blanc du papier, les possibilités que l'encre me réserve sont inépuisables lorsqu'elle est employée avec divers matériaux : le pinceau japonais, la plume en bambou, la paraffine, les doigts, etc.

Lorsque je débute un dessin, mon point de départ est l'observation d'un objet ou d'un personnage, et je laisse couler l'encre comme un drap de velours qui tente de reproduire ce que mes yeux perçoivent. Je sais lorsqu'un dessin est abouti lorsque je suis capable de le sentir respirer : la masse est gonflée et la texture est animée. Mes dessins sont à la fois figuratifs et abstraits où les formes organiques et géométriques sont agencées dans une composition épurée.

Ce que j'aimerais obtenir comme résultat lorsque les gens regardent mes dessins, c'est de ressentir une douceur veloutée de la part de l'encre et une agitation névrotique par la présence ou l'absence des traits.